Les pensionnats indiens – aperçu
Le 11 juin 2008 le Premier Ministre Stephen Harper a présenté des excuses aux anciens élèves du régime des pensionnats indiens au Canada en l’appelant un  « triste  chapitre de notre histoire ». Ce chapitre fait partie d’une histoire encore plus grande: elle révèle  comment  le gouvernement canadien a pris le contrôle des terres autochtones et des peuples autochtones, comment il a perturbé les gouvernements autochtones et leurs économies, et comment il a cherché à réprimer les culutres autochtones et les pratiques spirituelles. Le gouvernement, souvent en partenariat avec les principaux organismes religieux du pays, a cherché de « civiliser », christianiser et finalement d’assimiler les Autochtones dans la société canadienne. Alors, le ministre adjoint  des Affaires autochtones, Duncan Campbell Scott a prédit en 1920 que dans un siècle, grâce au travail de ces pensionnats, les Autochtones cesseraient d’exister comme un groupe culturel identifiable au Canada.

L’éducation était conçue comme un élément central dans ce projet. Pour leur part, les Autochtones ont compris la valeur de la scolarisation: par example, c’était à leur insistance que beaucoup de traités exigeaient que le gouvernement engage des enseignants et établisse des écoles dans les réserves.

La décision d’investir en pensionnats était basée sur la conviction que la transformation culturelle et spirituelle dont le gouvernement et les églises cherchaient d’introduire aux Autochtones, pourrait être effectuée d’une manière plus efficace dans des écoles qui brisaient les liens entre le parent et l’enfant.

Lorsque le Canada était créé en 1867 les églises déjà opéraient un petit nombre de pensionnats pour les Autochtones d’Ontario. Dans les années prochaines, les missionnaires catholiques et protestants ont établi des missions et de petits pensionnats  dans tout l’Ouest canadien.  Les relations entre le gouvernement et les églises étaient institutionnalisées en 1883 quand le gouvernement fédéral a décidé d’établir trois  grands pensionnats à l’Ouest du Canada.

Dans les années 1930 il y avait 70 pensionnats qui fonctionnaient partout au pays. Ils étaient financés par le gouvernement fédéral et  dirigés par les autorités religieuses.  À ce moment là, d’environ un tiers des enfants autochtones d’âge scolaire fréquentaient des pensionnats. Éventuellement plus de 150, 000 élèves passeraient par le système. Au fil d’environ 130 ans, presque 140 pensionnats faisaient partie du système qui était administré et financé par le gouvernement  fédéral. 

L’agression sur l’identité autochtone a souvent commencé au moment où l’enfant a franchit le seuil de l’école pour la première fois. Les cheveux tressés (qui évoquaient souvent une connotation spirituelle) étaient coupés, les vêtements faits à la maison étaient échangés pour des uniformes scolaires, les noms autochtones étaient remplacés par des noms euro-canadiens. Dans de nombreux cas un numéro était utilisé au lieu d’un nom et la liberté sans restriction, typique pour la mode de vie des communautés autochtones était abandonnée pour le régime d’une institution dans laquelle du matin au soir chaque activité était programmée. Des mâles et des femelles, des frères et des soeurs étaient séparés et, avec quelques exceptions, les visites parentales étaient déconseillées et contrôlées.

Dans les pensionnats bâtis à la hâte et de mauvaise  qualité, les systèmes d’assainissement et de ventilation étaient souvent médiocres ou non-existants. Il n’y avait que quelques dispensaires où les élèves souffrant des maladies contagieuses pourraient être placés. Les épidémies alors pourraient se propager vite dans un pensionnat, entraînant des conséquences mortelles. La plupart des écoles étaient en grande partie financées par rapport au nombre des élèves, voilà pourquoi les administrateurs souvent violaient les directives de santé et acceptaient des enfants qui étaient infectés par des maladies  mortelles et contagieuses telles que la tuberculose. Les parents n’étaient pas souvent informés lorsque leurs enfants tombaient malades, étaient morts, ou quand ils s’enfuyaient.

Pour la première moitié du vingtième siècle, les écoles fonctionnaient selon ce qu’on appelait le système demi-journée. D’après ce système les élèves passaient la moitié de la journée dans la salle de classe et pendant l’autre moitié ils faisaient leur formation professionnelle.

Pour les garçons cette formation était strictement  limitée sur l’agriculture et sur l’acquisition des compétences nécessaires pour un fermier. Les filles étaient formées en tant que  travailleuses domestiques. En réalité, cela n’était pas une véritable formation, mais plutôt un travail des enfants, entrepris dans le but de financer les operations en cours dans les pensionnats.

Le gouvernement a mandaté l’Anglais et le Français (au Québec) comme les langues d’enseignement. Bien que certains missionnaires ont appris des langues autochtones et offraient un enseignement religieux dans ces langues, plusieurs pensionnats imposaient aux élèves une punition s’ils parlaient une langue autochtone.

Pour la plupart de l’histoire du régime, le gouvernement fédéral n’a pas eu une politique claire en matière de discipline. Les élèves étaient non seulement humiliés, mais recevaient des coups de ceinture. Dans certains pensionnats ils étaient menottés, enchaînés, battus, enfermés à clé dans les dortoirs, dans des greniers, dans des prisons rudimentaires et exposés  ou soumis à des formes extrêmes de punitions corporelles.  Le surpeuplement et la disproportion élevée du ratio élève-personnel signifiaient que même ces enfants qui n’étaient pas soumis à une discipline physique ont grandi dans une atmosphère de négligence émotionnelle.

Dès le début, un grand nombre d’Autochtones s’opposaient au régime des pensionnats indiens. Les missionnaires ont trouvé difficile de convaincre les parents d’envoyer leurs enfants aux pensionnats et les enfants s’enfuyaient, prenant souvent de graves risques personnels  menant aux conséquences tragiques.

Bien que le problème des abus sexuels étaient rarement déclaré pendant les années de fonctionnement des pensionnats, il est devenu évident ces dernières années que pour certaines pensionnats c’était un problème grave. Alors qu’un grand nombre de cas judiciaires largement médiatisés ont abouti à la condamnation des responsables des pensionnats et des employés, l’ampleur d’un tel abus – et ses séquelles – exigent d’être explorés  davantage.

Pendant presque toute l’histoire des pensionnats, les salaires payés aux enseignants ont resté nettement inférieurs par rapport à ceux offerts ailleurs, créant un problème récurrent en ce qui concerne le recrutement et la rétenetion des enseignants. Bien que plusieurs personnes remarquables ont consacré leur vie à ces institutions, les églises ne nécessitaient pas ce niveau de  formation, comme on s’y attendait du système des écoles publiques. Ce n’était qu’après les années 1950 que les pensionnats, par example, ont commencé à dispenser des études secondaires.

Certains élèves ont gardé un bon souvenir de leur expérience aux pensionnats indiens et ils parlent d’une manière positive des compétences qu’ils ont acquis, des activités sportives et récréatives, et des amitiés qu’ils ont dévéloppées. Quelques-uns ont poursuivi leurs études et ont eu des carrières distinguées. Par contre, pour la plupart des élèves, la réussite académique étaient insaisissable et ils ont quitté  dès qu’ils ont pu.  Au retour dans leurs communautés, ils se sentaient souvent isolés de leurs familles et leur culture. Ils avaient perdu leur langue et manquaient les compétences afin de poursuivre des activités économiques traditionnelles. Beaucoup d’entre eux n’ont pas reçu les compétences nécessaires menant à la réussite dans l’économie Euro-Canadienne. Ils ne possédaient pas non plus de l’expérience de vie familiale  ni des compétences parentales.

Dans les années 1940, des représentants fédéraux ont conclu que le régime était à la fois cher et inefficace. Par conséquent, le gouvernement fédéral a commencé d’augmenter substantiellement  le nombre des externats dans les réserves et, en 1950 a conclu des accords avec les gouvernements provinciaux et les conseils scolaires locaux afin d’éduquer les élèves autochtones  dans les écoles publiques. Cette politique ayant pour but d’éliminer lentement le régime des pensionnats indiens est allée de pair avec l’expansion du système dans le Nord canadien à partir de 1955. Une fois de plus des enfants étaient séparés de leurs familles pendant des périodes prolongées; ils étaient enseignés par des personnes qui ne comprenaient pas leur langue et leur culture, et ils étaient placés dans des logements de fortune bondés.

Le partenariat avec les églises a resté en place jusqu’à 1969 et, tandis que la plupart des pensionnats étaient fermés dans les années 1980, le dernier pensionnat recevant des fonds du gouvernement fédéral a continué à fonctionner jusqu’à la moitié des années 1990.

Dans les années 1980, de différents membres de la société canadienne ont entrepris une réévaluation de l’expérience concernant les pensionnats indiens. À partir de 1986, les églises canadiennes ont commencé à présenter leurs excuses pour avoir tenté d’imposer la culture européenne et ses valeurs aux Autochtones. Des excuses précisément liés aux pensionnats indiens et délivrées  par l’Église catholique ont suivi en 1990, par l’Église anglicane du Canada, l’Église presbytérienne du Canada, l’ Église Unie du Canada, et par l’Église Mennonite du Canada.

Les anciens élèves ont commencé à parler publiquement de leurs expériences, menant à la fois à des accusations criminelles contre les agresseurs sexuels et au lancement des recours collectifs contre les églises et le gouvernement fédéral. Éventuellement les cas ont été réglés grâce à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, le plus important règlement de recours collectif dans l’histoire du Canada,  obtenu en 2006 et entré en vigueur en 2007.

Cette Convention de règlement a prévu un Paiement d’expérience commune pour tous les anciens élèves qui ont résidé aux pensionnats indiens recevant leurs fonds du gouvernement fédéral,  une rémunération supplémentaire dans le cadre du Processus d’évaluation indépendant pour ceux qui ont souffert des abus sexuels, physiques ou autres, une contribution pour la Fondation autochtone de guérison, appui pour des projets de commémoration, l’établissement de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) et la prestation de soutien de santé mentale  pour tous les participants aux initiatives de la Convention  de règlement.

Le mandat de la CVR contenait des exigeances relatives à l’établissement  d’un Centre national de recherche pour abriter toutes les déclarations et d’autres matériaux recueillis au fil des années  d’opération de la CVR et d’encourager la réconciliation et la guérison, de les rendre accessibles  à tous les Canadiens.