Message des commissaires de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR)

De gauche à droite: Dr. Marie Wilson, Juge Murray Sinclair, président et le Chef Wilton Littlechild

Établir un Centre national de recherche afin de préserver pour toujours les vérités  pour les pensionnats indiens du Canada était une des responsabilités les plus importantes confiée à la Commission de la vérité et réconciliation du Canada (CVR). Dans le cadre du mandat juridique de la CVR, cette responsabilité  est définie dans la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, signée en 2007 par les représentants des Survivants, des groupes Autochtones, le gouvernement fédéral et les églises.  

En vue d’effectuer cette partie de notre mandat, nous avons tenu une réunion internationale d’experts sur le contrôle exercé par les communautés Autochtones et sur les principes nationaux,  internationaux, sur les protocoles et les meilleures pratiques  liées à l’archivage des droits de l’homme et des peuples Autochtones. Ensuite, nous avons demandé des soumissions aux organisations souhaitant accueillir le Centre national de recherche. Ce fut un honneur pour nous d’annoncer le 21 juin 2012 que le Centre national de recherche sera établi à l’Université du Manitoba en coopération avec un vaste réseau de partenaires à travers le Canada.

Pour reprendre les propos de la Convention de règlement, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) était établie par « le puissant désir de tourner la page sur les événements passés, afin qu’il nous soit possible de bâtir un avenir plus solide et plus
sain ».

Pour y parvenir, la CVR a travaillé sans relâche pour découvrir exactement  ce que les anciens élèves des pensionnats indiens et tous les Canadiens doivent laisser derrière eux.

Les réponses se trouvent dans presque 7000 déclarations vidéo appartenant aux Survivants et aux Survivants intergénérationnels des pensionnats, et dans les millions de documents provenant du gouvernement et des églises qui attestent leurs expériences.  Ces déclarations formeront le noyau des archives du CNVR qui seront accessible à tous les Canadiens à tout moment.

Les Survivant nous ont dit qu’ils voulaient laisser derrière eux leur honte et leur chagrin, causés  par l’attaque sur leurs langues, cultures, spiritualité, traditions, familles et communautés. Les Survivants intergénérationnels nous ont dit qu’ils devaient abandonner  la confusion et le dysfonctionnement qu’ils ont souvent hérités. Les Canadiens non-Autochtones nous ont dit qu’ils avaient besoin d’abandonner leur ignorance concernant l’histoire et l’héritage des pensionnats indiens – ignorance qui contribue à alimenter le racisme et qui limite le potentiel du Canada.

Ironiquement, laisser le passé derrière nous signifie sa préservation à dessein et avec dévotion – pour que nous puissions nous rappeler les leçons à tirer, tout en allant de l’avant. 

En tant que commissaires de la CVR, nous sommes profondément reconnaissants à tous ceux qui ont fourni leurs déclarations et documents à la CVR, à l’université, et à toutes ces personnes et groupes qui contribueront aux archives  autochtones remarquables et durables.

 

L’honorable juge Murray Sinclair, président
Mme Marie Wilson
Chef Wilton Littlechild